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On a tendance à considérer le savon de Marseille comme le savon de nos grand-mères, en bref un produit passé de mode et désuet. Mais on commence à redécouvrir ses vertues avec l’engouement des sociétés occidentales pour un mode de vie et des produits plus naturels. En effet il a de nombreux avantages : c’est un détachant hors paire tout aussi efficace que les lessives modernes et c’est aussi un produit écologique et biodégradable qui ne contient aucun produits chimiques. Grâce à son exceptionnelle pureté le savon de Marseille est hypoallergénique et peut donc être utilisé pour l’hygiène du corps ou pour laver le linge des personnes allergiques et des bébés. L’histoire du savon de Marseille est intimement liée à celle de la ville. Son industrie en fut l’un des principaux moteurs économique et a participé au rayonnement de la cité pendant plusieurs siècles. Dès le XIIIème siècle, les croisés ramènent d’orient de nouvelles notions d’hygiènes, dont l’usage et la recette du savon (un mélange de lessive de soude et d’huile d’olive). On voit alors se développer dans toute la méditerranée de petits ateliers de saponification. Au XVème siècle, la production marseillaise comble largement les besoins locaux et exporte avec succès hors du royaume de France. Marseille attire alors les professionnels de la région qui se rassemblent autour de l’église Sainte Catherine, dans le quartier Saint Victor. La renommée croissante des savons de Marseille, permet au début du XVIème siècle, aux maitres savonniers de faire venir travailler leurs homologues étrangers dans leurs ateliers et de découvrir ainsi les secrets de fabrication du monde entier. Enrichis par ces nouvelles techniques, les marseillais proposent alors tout les types de savon connu de la méditerranée. En 1666, le surintendant Colbert en économiste aguerri sentit qu’il y avait là de quoi augmenter les recettes du royaume. Il accorda donc à pierre Rigat le privilège d’établir une manufacture royale avec monopole à Toulon. Les autres savonneries de Provence furent alors dans l’obligation de lui revendre leurs productions à un prix forfaitaire. Le système royal ne fonctionna pas et fit chuter les productions, pour y remédier Colbert taxa fortement les importations. Ce ne fut pas suffisant, et deux ans plus tard l’état renonça à son monopole. Le surintendant ira même jusqu\'à diminuer largement les taxes de douane pour relancer l’industrie meurtrie. Le commerce reparti de plus belle, mais l’appât du gain fit tourner la tête à certains fabriquants qui économisèrent sur les matières premières en remplaçant l’huile d’olive par n’importe quoi. Ces procédés nuisait tellement à l’image de marque, que la chambre de commerce demanda et obtint un arrêté royal pour préserver la qualité des savons de Marseille. Désormais les producteurs ne devraient utiliser que de l’huile d’olive de première qualité et arrêter de travailler pendant les mois de juin, juillet et août où la chaleur nuisait à la qualité. Ces mesures vont permettre aux savons de Marseille de traverser les différentes épidémies et les guerres jusqu’au XIXème siècle. A cette époque, les embargos aidant, les marseillais innovent et essayent de remplacer l’huile d’olive devenu inabordable par d’autre huiles moi chères, à base de graine. En 1810, pour ne pas perdre les consommateurs, une commission obligea les manufactures à imposer une marque garantissant la qualité et le type d’huile utilisé ainsi que leurs noms et leurs adresses sur chacun de leurs produits. Marque que l’on retrouve encore aujourd’hui, plus par tradition qu’autre choses. La composition chimique de l’ « authentique savon de Marseille », celui que nous connaissons aujourd’hui, a été fixé en 1906 par François Merklen. Le déclin du savon de Marseille commencera avec la fin de première guerre mondiale, ou les nouvelles industries et les progrès de la chimie donneront naissance aux détergents modernes.
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